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Le G5 Sahel est-il prêt à prendre la relève de l’opération Barkhane ?

Succédant aux opérations Serval et Épervier, l’opération Barkhane, dans laquelle 4.000 militaires français sont engagés, vise à lutter contre les groupes armés djihadistes présents au Sahel. Depuis quelques semaines, une évolution notable est intervenue dans le discours de la France concernant sa présence militaire dans cette région.

Ainsi, en septembre dernier, alors qu’il s’exprimait à la tribune de l’ONU, le Président de la République a affirmé à propos du Sahel vouloir « renforcer les capacités nationales pour que les états eux-mêmes prennent en charge leur sécurité ». Plus récemment, le Chef d’État-Major a déclaré vouloir lui « intensifier le soutien à nos partenaires du G5 Sahel pour qu’ils deviennent plus autonomes ». Cette évolution dans la doctrine française semble indiquer une volonté de rapatrier nos troupes à plus ou moins brève échéance, laissant le soin à la force antiterroriste du G5 Sahel de prendre la relève.

Une force antiterroriste en mal de financements…

Ce G5 Sahel est un cadre de coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité composé de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad. Le 2 juillet dernier à Bamako, ces cinq pays ont lancé une force militaire conjointe de 5.000 hommes. Mais en réalité, tout semble indiquer que cette force antiterroriste n’est pas prête à assumer dès demain une telle mission avec des enjeux aussi essentiels pour la protection des populations et la stabilité de cette région du Monde.

D’abord parce que l’ONU n’a pas placé l’opération sous son mandat. Ensuite, à cause des difficultés rencontrées par les pays du Sahel pour trouver les financements nécessaires. L’estimation initiale des besoins était de 423 millions d’euros pour une mise en place opérationnelle de la force anti-terroriste. Même avec l’annonce récente par Washington de sa volonté de soutenir le G5 Sahel, les promesses de dons demeurent pour l’heure insuffisante, le gouvernement français semblant miser sur la prochaine conférence des donateurs programmée le 14 décembre à Paris pour amplifier le soutien international à cette initiative.

Dans ces conditions, un départ précipité de la France de cette région serait un recul dans la lutte contre le terrorisme, c’est en tout cas ainsi que le vivent un certain nombre de médias d’Afrique de l’Ouest qui vont jusqu’à parler d’un abandon que nul ne pourrait comprendre tant que la relève n’est pas assurée.